Au moment où le cycle solaire redémarre, pour un maximum d’activité prévu en 2012/2013, l’intérêt pour notre étoile ne cesse de grandir. Autant pour comprendre l’origine de son activité cyclique, les principes physiques à la source de son magnétisme, que pour la comparer avec les autres soleils de la Galaxie. En effet, la révolution des moyens d’observation, au sol comme dans l’espace, transforme aujourd’hui les points lumineux dans le ciel en petits disques sur lesquels on « voit » des taches et événements qui impactent l’environnement stellaire des étoiles. Pour la première fois le Soleil n’est plus seul ; il peut être comparé à ses congénères avec un avantage certain : il entretient dans son environnement, depuis des milliards d’années, les conditions favorables au développement de la vie.
avec Sacha Brun astrophysicien à l’IRFU/CEA
© Nasa/Ciel et Espace Photos
Par domi1nique, le jeudi 14 avril 2011 à 01:16 :
bonjour
j'ai entendu que la turbulence d'une étoile croit lorsque sa taille/masse diminue ainsi que son émissivité dans la bande X (explication sur les naines rouges)
à première vue celà semble paradoxal puisque l'énergie rayonnée par le coeur de l'étoile est plus faible: pouvez vous préciser ce point?
Par saxpolarbear, le jeudi 14 avril 2011 à 23:33 :
Bonjour,
il est vrai que les naines M sont tres actives (on les appelle souvent flaring dwarfs en anglais)
et donc pas consequence leur emissivité dans la gamme des rayons X varie fortement avec leur activité et éruption. Vous avez cependant raison se sont des étoiles plutot froides (i.e Tsurf < 3500 Kelvin environ) et donc leur spectre d émission pique vers les basses energies (infra rouge). Mais comme se sont de petites étoiles et qu elles sont presque totalement convective (voire totalement pour celles ayant une masse inférieure à environ 0.3 Msol (je suppose que c est cela que vous appelez "turbulence", i.e la proportion de l'etoile qui est en convection), elles ont une dynamo tres efficace avec un champ magnétique très dynamique et irrégulier et une couronne très chaude. Du coup la luminosité X contribue alors de manière bcp plus importante sur la luminosité "totale" (dite bolométrique). Si l'étoile M est jeune et tourne rapidement cela peut aussi augmenter l intensité du champ et la luminosité X (bien que l on observe une saturation de cet effet, voire une décroissance au dela d un certain taux de rotation). je vous conseille (si vous lisais l anglais de regarder cet article: http://astronomy.sci.ege.edu.tr/~rpekunlu/GBDG/papers/XRayfromStellarCoronae.pdf, en particulier la Fig 3). Cordialement, A.S. Brun
Par Romain, le dimanche 10 avril 2011 à 18:34 :
Bonjour
les éruptions solaires se manifestent à nous par les flux de particules que nous en recevons, mais alors, à quelle(s) vitesse(s) se déplacent-elles ?
Autrement dit lorsque l'on détecte une éruption n'est-elle pas par définition déjà parvenue à nos détecteurs sur terre ou dans sa proche banlieue ?
Par saxpolarbear, le mercredi 13 avril 2011 à 14:16 :
Bonjour,
il faut distinguer particules de matiere (i.e fermions), des photons , messagers de la lumiere (de la force electromagnétique, i.e bosons). les photons se deplacent à la vitesse c de la lumière quasiment 300,000 km/s. le gros des particules (protons, noyaux d hélium (appelées particules alpha)) du vent solaire et/ou des ejections de masses coronales elles se deplacent entre 300 et 1000 km/s. donc on peut voir l eruption (par l'emission de photons que celle ci a provoque en accélérant localement les particules) avant qu'une partie de ces particules n arrivent sur Terre. Cependant lors des ejections il y a bien une partie des particules (du spectre en energie) qui sont accelerées à des vitesses proches de celles de la lumière, on les appelle les SEP=Solar Energetic Particles. Elles arrivent sur Terre non pas 2 à 3 jours apres l'éjection mais 15 minutes après! comme elles sont tres energetiques elles sont donc les plus dangereuses et il faut s en proteger. mais avec 15 minutes de temps de réaction c est difficile. d ou l interet de la recherche sur la prediction de l activité (cycle) solaire et sur les processus de déclenchement des éjections. si on est capable en observant/modélisant un complexe de taches actives de savoir s il va etre instable on pourra alors anticiper et s en proteger. bien sur le Soleil est global et il se peut qu une partie des phenomenes de destabilisation des configurations (boucles) magnétiques vienne d ailleur que du lieu (local) où l 'éjection aura lieu, mais c est en progressant de la sorte que l on comprendra le Soleil dans sa globalité et sa specificité. cordialement A.S. Brun
Par lemyan, le vendredi 08 avril 2011 à 10:00 :
Bonjour, excellent podcast, riche d'enseignements ! On y retrouve toute la passion du chercheur dans une prestation dynamique.
J'ai une question concernant le rapport cyclique des influences (variation des puissances rayonnees) en fonction des longueurs d'onde du genre alpha = (lambda/T) et surtout comment en faire l'integration depuis le sol (en particulier sur la prise en compte de l'absorption et de la diffraction atmospherique)? De plus, les saisons, ou plus exactement l'angle solaire a un impact de quel ordre de grandeur dans cette relation ?
Cordialement,
Yann DUCHEMIN
Par saxpolarbear, le vendredi 08 avril 2011 à 21:38 :
Bonjour,
les modulations de la puissance rayonnée solaire en fct de la longueur d onde sont observées de l espace,
grace a des satellites en orbite. votre formule lambda/T se referee a loi de Wien n est ce pas, montrant que pour le soleil on peut approximer le ryt du corps noir par 2900/5800 K = 0.5 microns, i.e la longueur d onde de la couleur jaune....?
depuis le sol l absorption/reemission vers l espace empeche de faire un bilan exact mais bien sur c est a cause de ce phenomene qu une large modulation des ryt haute energie peut avoir un impact sur notre climat.
en gros pour l'UV on dit que cela varie d un facteur 2, et jusqu a 100 pour l'X.
pour les saisons c est plus un effet geometrique (inclinaison de l axe de rotation de la Terre par rapport a la lumiere incidente solaire). a priori il n y a pas de raison que cela soit different en fct de la longueur d onde.
cordialement, A.S. Brun
Par lefgeo, le mardi 05 avril 2011 à 07:59 :
L'univers n'a pas fini de nous fasciner, notre quête à la recherche de l'origine de la vie est fascinant. Comment peut on rester insensible à cette beauté de la nature, aussi bien dans l'espace que sur terre.Il y a un vieux proverbe Chinois qui dit que l'homme est là pour contempler la beauté de ce qui nous entoure. Mais nous sommes encore loin d'arriver à la fin du livre de la compréhension du monde du vivant. Prenons garde de ne pas le refermer trop brutablement.
Par saxpolarbear, le vendredi 08 avril 2011 à 21:47 :
Bonjour,
je suis tout a fait d accord avec vous, vous ne trouverez pas un astrophysicien (scientifiques) qui ne soit pas humble devant les mysteres de l'Univers et de la nature. le metier de chercheur nous apprend au quotidien a quel point nous savons peu de choses et cela nous motive encore plus à essayer d apporter notre petite pierre a l edifice qu est la connaissance universelle et surtout a transmettre cette passion du savoir en enseignant, en formant des jeunes chercheurs et en venant au contact du grand public qui nous finance et nous pose souvent des questions pertinentes. Cordialement A.S. Brun
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Karim Benabed, cosmologiste