Retour à l'accueil

Aurélien Barrau, cosmologiste

Métiers, mis à jour le 24/04/2008

"La physique ne nous révèle pas le réel ; c'est à la frontière qu'il se passe quelques chose entre l'astrophysique et la physique de infiniment petit, entre la physique théorique et la physique expérimentale..."
Il pourrait dédier un Univers entier à Gérard Grisey, compositeur, et se délecte de la plurivocité du monde, curieux d’en sonder les différents visages. Aurélien Barrau, personnage pluridisciplinaire au langage musical, nous prouve que la physique fait indéniablement partie de lui.
Avec une formation « standard » qu’il déplore, il revendique l’investissement intellectuel nécessaire pour ne pas s’enfermer dans le dogme de la discipline.
Des études philosophiques, un intérêt développé pour la musique contemporaine et une fascination pour les mondes multiples, il incarne ce modèle probant : la frontière entre créativité et relation au réel, lieu commun indispensable dans son approche de la physique.

avec Aurélien Barrau cosmologiste. LPSC, CNRS-IN2P3-UJF-INPG

    Partager :

Aurélien Barrau

© O.Daudet/C&EP

  • Aurélien Barrau, cosmologiste

    10'01            


Pour aller plus loin…

Discussions…

  • Par Archives, le mercredi 21 avril 2010 à 12:12 :
    Le mercredi 30 décembre 2009 à 17:16, par Jim_93
    Génial ! Il faut que vous écriviez un livre !


  • Par Migoux, le vendredi 01 octobre 2010 à 00:04 :
    Aurélien Barrau a écrit un livre très récemment (en collaboration avec d'autres personnes). http://lpsc.in2p3.fr/ams/aurelien/aurelien/cours.html


  • Par Archives, le mercredi 21 avril 2010 à 12:11 :
    Le jeudi 3 décembre 2009 à 09:28, par Leo
    Je suis en thèse d'astrophysique et j'avoue que je ne pensais pas apprendre beaucoup de choses avec les podcasts C&E. Erreur ! A. Barrau a cette capacité à être compris du plus grand nombre et à avoir en même temps un discours suffisamment profond pour en apprendre aussi beaucoup à ses collègues ! Quelle profondeur de vue (et quelle élégance).
    Merci à C&E et A. Barrau !


  • Par Archives, le mercredi 21 avril 2010 à 12:08 :
    Le mardi 11 août 2009 à 06:03, par breton67400
    Un an apres ma premiere intervention, et malgre malheureusement l'absence de reponses, j'ai rumine la question et trouve une reponse toute simple. Une reponse toute simple c'est ideal pour un physicien.
    Ainsi donc quand vous dites que les multivers doivent exister dans notre propre Univers (espace-temps), simplement parce qu'il est infini, il me semble que vous commettez un raccourcis facheux :
    L'infini existe a n'en pas douter, bien qu'il faille quelques annees de physique et de mathematiques pour s'en convaincre. En mathematiques on apprend aussi a comparer des infinis : il y a des infinis plus grand que d'autres. Ainsi il me semble que l'espace des parametres qui definit entierement notre monde est infiniment plus grand que la dimension de l'Univers, elle aussi infinie.


  • Par Archives, le mercredi 21 avril 2010 à 12:10 :
    (suite)
    Ainsi votre tres belle, mais derangeante, suggestion pour pretendre que les Multivers doivent exister, me semble etre une affirmation gratuite. C'est d'ailleurs le probleme qu'on retrouve toujours en "Cosmologie fondamentale" : on n'a plus affaire a de la physique mais a de la metaphysique...


  • Par Archives, le mercredi 21 avril 2010 à 12:06 :
    Le dimanche 12 juillet 2009 à 16:13, par Mat
    Waow. Grenoble a bien de la chance de vous avoir. J'ai fait 4 ans d'étude en physique après le bac et on ne m'a jamais parlé de physique comme cela... C'est exactement le genre de discours qu'il m'aurait fallu pour que l'attrait des sciences ne me quitte pas. Vous me donnez des regrets d'avoir arrêté la physique.
    Conseilleriez-vous à un jeune de se lancer dans l'aventure aujourd'hui ?


  • Par Archives, le mercredi 21 avril 2010 à 11:59 :
    Le mardi 7 juillet 2009 à 14:39, par Alain
    Vous êtes génial ! Enfin quelqu'un qui nous parle de science avec poésie, finesse, précision, érudition. Je suppose que ça s'appelle l'intelligence...


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:57 :
    Le mercredi 13 mai 2009 à 19:28 par Rubén
    Il m'est impossible de penser qu'il n'y a pas de multivers. Ou, en tout cas, d'univers multiples. Il m'est impossible de penser que cela s'arrête quelque-part et qu'ensuite il y a le néant. Le néant n'est pas. L'être est. Alors, si dans notre passage sur ce monde, nous pouvons que constater que l'être l'emporte sur le Néant, puisqu'il est, nous savons, tant que nous serons vivants, qu'il y a quelque chose, donc qu'il y a l'infini.
    Je ne sais pas pourquoi on a tant de difficultés à imaginer l'infini. On ajoute toujours quelque chose à ce que nous imaginons et voilà l'infini. Nous ne pouvons pas le voir? Eh bien, nous ne pouvons pas voir l'univers dans sa totalité et pourtant nous imaginons les dimensions effrayantes de cet univers, même de façon abstraite, -puisqu'on peut coller une "image abstraite" au "fini" de notre univers. Ce que je ne peux pas imaginer, c'est donc le "fini".


  • Par Archives, le mercredi 21 avril 2010 à 11:56 :
    (suite)
    Ce que je ne peux donc pas accepter, c'est qu'avant le big bang il n'y avait rien. Jusqu'à il y a quelques décennies, quand on parlait de big bang on disait que c'était un point virtuel, -c'est-à-dire, selon les dictionnaires et à peu près qu'il existait uniquement en raison de la théorie, qu'il existait nécessairement mais comme abstraction-. Ensuite, on a commencé à dire qu'il y avait "un point d'une densité extrêmement petit", c'est-à-dire, qu'il avait une certaine existence "réelle". Par là les scientifiques se sont déjà rapprochés du "sens commun" tant décrié et le plus souvent à juste titre. Je sais que le "sens commun" s'est trompé presque toujours. "Presque" toujours? Alors ce "presque", si c'est le cas, nous permet de considérer qu'il peut ne pas se tromper de temps en temps. Je ressens l'idée de l'inexistence de quelque chose d'infini, -par exemple, des multivers-, comme une douloureuse blessure dans ma capacité d'intuition et de pensée.


  • Par Archives, le mercredi 21 avril 2010 à 11:57 :
    (suite)
    J'envoie ce mail pour dire à ce forum que depuis très longtemps j'ai eu du mal à accepter qu'il n'y avait rien à part ce point "presque" inexistant, ce point virtuel, qu'êtait notre univers au degré de sa plus grande condensation. Merci pour ce forum.

    Rubén
    PS Je constate depuis longtemps sur internet qu'il y a quelquefois une confusion entre néant et rien, entre néant et vide, alors que ce sont deux notions complètement différentes, le néant n'étant rien, même pas du vide, alors que le vide, comme nous le savons depuis Einstein au moins, est bien quelque chose.


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:55 :
    Le vendredi 6 mars 2009 à 09:04 par jimi
    Quel régal d'entendre quelqu'un parmi les trop rares personnes qui sont capables de sortir de ce qu'ils ont sous les yeux ,et qui ne cherchent pas leurs clés sous le lampadaire!
    Il y a des problèmes que vous évoquez en filigrane et que j'aimerais voir un jour traiter plus profondément.
    La première concerne le mouvement. C'est quelque chose de très mystérieux, mais pour se poser des questions, il faut oublier les équations habituelles qui en fait n'expliquent rien.
    D'ailleurs, on pourrait concevoir le mouvement en l'absence d'espace (par échange d'"objets") mais pas sans un facteur temps. Le temps et l'espace ne seraient-t-ils pas deux visions d'une même réalité?


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:55 :
    (suite)
    Enfin, il me semble évident que l'infini n'a pas de sens en physique, bien qu'on le retrouve partout dans nos équations. Le zéro n'existe pas, et l'infiniment petit ,c'est à dire le continu, n'a pas de réalité pas plus que l'infiniment grand dans les modèles. Cela n'empêche pas d'avoir des valeurs réelles immensément grandes (pour nous...)
    Enfin, vous évoquez brièvement le fonctionnement de la vie et des hommes, il y aurait beaucoup à dire là dessus avec l'ouverture d'esprit qui est la vôtre. J'espère donc vous retrouver dans vos livres et vos contributions à Ciel et Espace.
    PS: Pourquoi l'onglet Recherche n'est il pas dans le menu des podcasts ? Il n'apparait que si on fait une recherche par nom, donc qui ne vous connait pas ne vous trouvera jamais ! D'ailleurs, vos contributions devraient à mon avis, figurer dans le chapitre Univers.


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:54 :
    Le jeudi 29 janvier 2009 à 16:21 par elsie19
    M.Barrau, je viens d'écouter l'emission de radion, et c'est très agréable de vous écouter. C'ets très philosophique la façon dont vous parlez, j'aime beaucoup, très interressant.


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:53 :
    Le jeudi 29 janvier 2009 à 16:09 par elsie19
    Bonjour, je suis en terminale S et j'habite à toulouse. Je dois choisir l'école dans laquelle je souhaite aller l'an prochain et m'inscrire avant le 19 mars. afin de pouvoir exercer le métier passionnant qui étudie l'univers. je connais dejà les études qu'il faut faire pour être astrophysicienne (LMD) mais j'aimerais étudier la cosmologie, être cosmologiste. et je me demandais dans quelles écoles cette branche existe, car j'ai beau chercher sur internet, je ne trouve pas d'école qui le fait. j'aimerai savoir s'il y en a une à toulouse ou aux alentours et savoir également quelles études il fallait faire, c'est-à-dire, les même que pour être astrophysicienne mais en prenant une option cosmologie?
    Bref, que f'aut-il faire comme études et avec quels diplômes peut-on être cosmologiste. C'est la question principale que je me pose.
    Merci M.Barrau de me répondre.


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:53 :
    (suite)
    En plus de tout ce que je vous ai demandé, vous serez-t-il possible de me décrire le déroulement d'une de vos journées? Afin que je puisse ben me représenter le métier de cosmologiste Un grand merci par avance!


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:52 :
    Le mardi 9 décembre 2008 à 22:38 par Argol
    A ce que je vois vous êtes toujours aussi passionné par votre domaine que passionnant à écouter.
    Votre vision des phénomènes physiques est d'une telle clarté, et votre réflexion philosophique associée d'une rare qualité.
    Cela m'a toujours impressionné.

    Je pense également qu'il est regrettable de ne pas voir en France plus de parcours "atypiques" - entendez par là différents de la norme plus ou moins imposée actuellement - Cela apporterait certainement des choses intéressantes.
    Quoi qu'il en soit, sachez que ce fut un réel plaisir d'assister à vos cours, je n'ai qu'une chose à dire :
    Chapeau bas Monsieur Barrau !
    Un ancien élève de l'UFR Gre


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:51 :
    Le jeudi 23 octobre 2008 à 09:47 par xman
    J'adore votre approche de la science et de la pensée en générale. Ca fait du bien cette approche vive et singulière !
    Quelles études conseilleriez-vous ?


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:49 :
    Le lundi 25 août 2008 à 12:50 par breton67400 Un exposé tout à fait passionnant, que j'ai écouté plusieurs fois et fait partagé ! Tout semble si clair et cohérent dans l'esprit d'Aurélien Barrau qui ne semble pas avoir la moindre difficulté à manier aussi bien le plus haut degré d'abstraction que le vocabulaire philosophique précis qui vient le décrire.
    Une question me vient sur un point précis de cet exposé. Vous nous démontrez que dans un univers de de Sitter plat ou hyperbolique - et donc infini - tout événement ayant une probabilité d'occurrence non nulle doit se réaliser quelque part dans l'infinité de l'Univers à une distance aussi grande que nécessaire. Cette idée aux conséquences importantes m'avait déjà effleuré sans que je possède un bagage cosmologique suffisant pour en attester la véracité.


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:50 :
    (suite)
    Qu'en est-il maintenant si je m'en réfère à une idée "classique" de la physique "moderne" : il existe une probabilité non nulle pour que je puisse traverser le mur qui se trouve en fasse de moi par simple effet tunnel. Dois-je alors supposer qu'il existe une sphère de Hubble - et donc pourquoi pas la nôtre - dans laquelle cet évênement doit se réaliser simplement parce que sa probabilité d'occurence - aussi infinitésimale soit-elle - n'est pas nulle ?
    Je serais très intéressé par un avis sur la question. Merci d'avance.

    JL.


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:49 :
    Le mardi 19 août 2008 à 11:04 par Mich
    Oui, merci ! Quel ré-enchantement !


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:48 :
    Le mardi 8 juillet 2008 à 17:36 par Alex
    Bonjour
    MERCI !!!!!!!!!!!!!!!!
    Quel enthousiasme, quel talent, quelle originalité, quelle lucidité ! Quel regard enchanté et rigoureux.
    De quoi faire aimer la physique à n'importe qui.
    Merci encore.


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:48 :
    Le mercredi 30 avril 2008 à 16:39 par Jim
    ce podcast est génial ! Merci !


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:38 :
    Le dimanche 27 avril 2008 à 16:23 par Julien
    Tout d?abord, je tiens à vous féliciter pour ces émissions (vous m?avez enthousiasmé tout autant qu?un Jacques Villain, ce qui n?est pas rien !). Rien ne m?agrée davantage que les multiples facettes que peut revêtir un scientifique. Je crois qu?il est difficile, depuis Poincaré, de réunir autant de savoirs, et de fondre la philosophie dans ce genre de débats. Vous êtes là pour prouver le contraire et cela me rassure. Rien n?est plus périlleux que d?atteindre à cette complétude, et parfois, quand j?écoute quelques individus jouant d?un prosélytisme improbable, je me dis que rien n?est plus vrai que : « Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence. »


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:42 :
    (suite)
    Ce que vous évoquez est saisissant, ces mathématiques qui se matérialisent au sein d?un système formel et théorique (Einstein n?avait pas, au départ, les preuves de ses conjectures relativistes, et Riemann n?eût jamais à ce point imaginé que quiconque fût dans la nécessité de s?octroyer ses découvertes abstraites), comme ces trous noirs ? si troublants ? issus de l?imagination des hommes (quel merveilleux livre que celui de Jean-Pierre Luminet, d?ailleurs) et qui pourraient se révéler? réels.

    A tout dire, j?ai peur, parfois, en essayant, vaille que vaille, de cerner la puissance des étoiles à neutrons. Apparemment, les étoiles à neutrons sont. Mais quid des trous noirs ? Lucrèce écrivait : « Et peu importe la région où l?on se place pour le considérer, quelque lieu qu?on occupe, le tout nous échappe ; il s?étend en tous sens, infiniment et également. » Cependant qu?on peut presque entrevoir ce tout, ? mais il m?effraie tellement.


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:43 :
    (suite)
    J?éprouve (ce que doivent sûrement ressentir les cosmologistes), en spectateur, devant ces monstruosités si belles, comme un affermissement du monde. « Il est doux, quand la vaste mer est soulevée par les vents, d'assister du rivage à la détresse d'autrui ; non qu'on trouve si grand plaisir à regarder souffrir ; mais on se plaît à voir quels maux vous épargnent. Il est doux aussi d'assister aux grandes luttes de la guerre, de suivre les batailles rangées dans les plaines, sans prendre sa part du danger. Mais la plus grande douceur est d'occuper les hauts lieux fortifiés par la pensée des sages, ces régions sereines d'où s'aperçoit au loin le reste des hommes, qui errent çà et là en cherchant au hasard le chemin de la vie, qui luttent de génie ou se disputent la gloire de la naissance, qui s'épuisent en efforts de jour et de nuit pour s'élever au faîte des richesses ou s'emparer du pouvoir. » (Lucrèce)


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:44 :
    (suite)
    Nous avons l?idée du trou noir. N?est-ce qu?une idée ? Tout tourne autour de l?idée, mais quand celle-ci « se cherchait un refuge, elle devait être vermoulue, puisqu?elle n?a trouvé que l?hospitalité du cerveau » (Cioran). Encore une angoisse.
    N?est-ce qu?un tour de passe-passe lorsque Poincaré nous parle de six dimensions plutôt que trois ? Est-il plus facile d?en voir trois, six, dix, onze ? Ce qui est formidable, chez cet homme, c?est sa faculté de nous montrer que les choses les plus évidentes sont encore plus évidentes, mathématiquement parlant, que ce que l?ont pourrait supposer au premier abord.


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:44 :
    (suite)
    La pensée abstraite découle de la concrète et c?est bien là la moindre des choses ; si, par ailleurs, la pensée concrète découle de l?abstraite, il y a non seulement une preuve artistique, mais également une valeur surajoutée qui nous enlace et dont le regard nous foudroie. Ce qui défie la raison nous paraît mystérieux ; alors nous essayons de nous l?expliquer par la raison. Mais Kant montrait que c?était superflu (vous n?avez pas dit le contraire quand Alain Cirou vous a demandé si l?on pouvait espérer percer l?en-soi). La chose en soi est la clef du monde ; personne n?y réfléchit, ? que quelques rares penseurs, à mon avis.


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:45 :
    (suite)
    J?aime vos parallèles avec la musique. La musique m?est primordiale, et ce fut quand je lus, il y a longtemps, cette phrase d?Hubert Reeves, que je commençai de prendre sa mesure universelle : « Pourquoi de la musique plutôt que du bruit ? » ? Je voudrais citer Kant : « Même la musique, pour celui qui ne l?écoute pas en connaisseur, peut placer un poète ou un philosophe dans une disposition telle que, selon ses activités ou ses goûts, il puisse happer et même maîtriser des idées qu?il n?aurait jamais pu capter de manière si heureuse en restant seul dans sa chambre. »


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:46 :
    (suite)
    J?ai envie de citer ce beau passage de Schopenhauer (pardonnez-moi s?il est trop long) : « Supposons que nous nous perdions à contempler l?infinité du monde dans le temps et dans l?espace, soit que nous réfléchissions à la multitude des siècles passés et futurs, soit que pendant la nuit le ciel nous révèle dans leur réalité des mondes sans nombre, ou que l?immensité de l?univers comprime pour ainsi dire notre conscience ; comme individu, comme corps animé, comme phénomène passager de la volonté, nous avons la conscience de n?être plus qu?une goutte dans l?océan, c?est-à-dire de nous évanouir et de nous écouler dans le néant. Mais en même temps, contre l?illusion de notre néant, contre ce mensonge impossible, s?élève en nous la conscience immédiate qui nous révèle que tous ces mondes n?existent que dans notre représentation ;


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:47 :
    (suite)
    ils ne sont que des modifications du sujet éternel de la pure connaissance ; ils ne sont que ce que nous sentons en nous-mêmes, dès que nous oublions l?individualité ; bref, c?est en nous que réside ce qui constitue le support nécessaire et indispensable de tous les mondes et de tous les temps. La grandeur du monde tout à l?heure nous épouvantait, maintenant elle réside sereine en nous-mêmes ; notre dépendance à son égard est désormais supprimée ; car c?est elle à présent qui dépend de nous. »


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:47 :
    (suite)
    Je me suis toujours plu à penser que l?Univers, la Vie, n?étaient que les solutions d?une vaste équation différentielle (ma mémoire me fait défaut, mais n?était-ce pas Laplace qui avait soutenu pareille chose ?). Mais qui l?a posée, construite, définie ?... Là est la question.
    Encore bravo. Et je m?excuse par avance du ton décousu et biscornu de ce message pour lequel, incidemment, vous n?êtes pas obligé de répondre, étant donné que les questions semblent vagues ? et que cela ressemble à un centon improvisé.
    Julien


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:36 :
    Le lundi 21 avril 2008 à 23:15 par Steve
    Bonjour et félicitations pour cette brillante présentation. J'ai une question pour Aurélien Barrau : Fascinants multivers bien sûr ! Mais il y a quand même quelque chose de très gênant avec ces univers multiples ... c'est qu'il y en a trop ! (non pas au sens trop nombreux mais trop de types différents) : en effet, si j'ai bien compris 1) L'univers infini d'Einstein d'une certaine façon c'est un multivers ! 2) les univers quantiques qui se dédoublent à chaque mesure c'est un multivers ! 3) les branes multiples de la théorie des cordes, c'est encore un multivers ! Si l'on prouve une nouvelle théorie, style théorie quantique à boucles, twisteurs ou autres, je suis sûr qu'on va encore trouver un nouveau multivers.


  • Par Archives, le lundi 19 avril 2010 à 12:37 :
    (suite)
    Je caricature bien sûr, mais ils ne peuvent tous exister à la fois quand même ! Est-ce que ce n'est pas un peu un miroir aux alouettes ? On voit des multivers quelle que soit la direction où l'on regarde, n'est ce pas un peu suspect ? Ou alors je n'ai pas tout compris ce qui est probable, merci de m'éclairer ! En tout cas ça reste fascinant, merci encore !


  • Par Ciel & Espace radio, le lundi 19 avril 2010 à 12:37 :
    Cher Steve, Vous avez parfaitement raison. Il est tout à fait possible que le multivers présente une structure « gigogne », c'est-à-dire comportant des univers multiples imbriqués les uns dans les autres. La hiérarchie que vous évoquez est schématique (et partiellement inexacte) mais l’idée générale est bien celle-ci ! Le multivers « espace infini » de la relativité générale pourrait se trouver dans chacun des univers du multivers «inflation / paysage des cordes » de niveau supérieur. Et ainsi de suite... Il convient bien sûr de demeurer très prudent face à ces spéculations. Cette proposition a de bonnes chances d’être oubliée dans les années à venir si nos progrès en physique théorique permettent de résoudre les apories actuelles de la cosmologie et de la physique des hautes énergies.


  • Par Ciel & Espace radio, le lundi 19 avril 2010 à 12:37 :
    Quand bien même l’idée des univers multiples deviendrait le futur paradigme de notre compréhension du monde, elle serait nécessairement un jour réfutée, comme toutes les propositions scientifiques, et cela de façon quasi-définitoire. Je pense que l’intérêt de ce modèle est avant tout de nous imposer de nouveaux liens entre différentes gnoséologies, de repenser le sens profond d’une cosmogonie, de créer une porosité de la « phusika » vers d’autres rapports au monde possibles. Sans renier aucune des exigences de la science. Le multivers n'est pas seulement une proposition sur le monde (qui innerve toute l'histoire de la philosophie, des présocratiques aux philosophe analytiques), il est aussi une proposition sur la pensée. L’idée du multivers ne doit certainement pas (au contraire) réfréner nos velléités à tenter d’échafauder une théorie quantique de la gravitation.


  • Par Ciel & Espace radio, le lundi 19 avril 2010 à 12:37 :
    La gravité quantique à boucles et la théorie des cordes ont permis des progrès extraordinaire dans ce sens. Le multivers devra être confronté aux futures prédictions permises par ces modèles. Mais il en va du multivers comme de tout proposition scientifique : elle doit être considérée avec beaucoup d’humilité. Si la recherche en physique est une activité créatrice, il ne faut pas oublier qu’elle est aussi un rapport à l’altérité : le réel s’impose à nous. Souvent avec force et brutalité, toujours de manière imprévue.

    Aurélien Barrau


Échangez vos idées…

Participez à cette discussion et contribuez par vos questions et vos commentaires à un échange d'informations. Partagez aussi votre savoir, nous restons à l'écoute ! Afin de garantir la lisibilité de vos discussions les commentaires sont limités à 2000 caractères et l'abus de posts consécutifs et à proscrire. Cet espace est réservé à une discussion en rapport avec le contenu de cette page, pour toute autre question (technique ou autre), contactez-nous.

Il vous reste 2000 caractères pour votre commentaire.